Un pays tout en longueur, un groupe à garder soudé
Le Vietnam s'étire sur près de 1 650 kilomètres, du delta du fleuve Rouge à celui du Mékong. C'est la première donnée à intégrer : aucun itinéraire ne permet de tout voir en dix jours, et s'entêter reste le meilleur moyen de terminer le séjour à discuter d'horaires plutôt que de paysages.
Comptez trois semaines pour descendre le pays du nord au sud sans courir. Sur deux semaines, il faut trancher : le nord et le centre, ou le centre et le sud. À plusieurs, cette décision se prend avant le départ, à froid, pas dans le hall de l'aéroport de Nôi Bài.
Ce que le groupe change vraiment
- Le logement : les hôtels vietnamiens proposent beaucoup de chambres triples et quadruples, et les maisons entières se louent facilement à Hôi An ou à Ninh Binh. À six, la nuit revient souvent moins cher qu'un lit en dortoir en Europe.
- Les transports : un minivan privé avec chauffeur pour une journée, divisé par sept ou huit, coûte à peine plus qu'un billet de bus public par personne.
- Les repas : la street food se partage. Commander huit plats différents et les faire tourner autour de la table reste la meilleure façon de goûter le pays.
- Le rythme : c'est le vrai sujet. Certains veulent marcher à Sa Pa dès 6 h, d'autres traîner au café jusqu'à 10 h. Prévoyez des demi-journées libres.
Le nord : Hanoï, la baie d'Along, Sa Pa
Hanoï s'aborde à pied, dans le vieux quartier des 36 corporations. Deux jours suffisent pour s'acclimater au décalage horaire (5 heures en été, 6 en hiver) et à la circulation, qui impressionne toujours le premier soir. On traverse la rue lentement, sans s'arrêter : les scooters vous contournent.
De là, deux excursions structurent la suite. La baie d'Along, ou plutôt la baie de Lan Ha, moins fréquentée, se visite en croisière d'une ou deux nuits. Les bateaux vendent des cabines par deux : un groupe de huit en remplit quatre, parfois assez pour négocier une privatisation en basse saison. Sa Pa, à 320 kilomètres au nord-ouest, demande une nuit de train ou de bus, pour des randonnées entre rizières en terrasses et villages hmong.
Le train de nuit, un test grandeur nature
Le Hanoï–Lào Cai, qui dessert Sa Pa, et le Hanoï–Huê se prennent en couchettes de quatre. Réservez les compartiments complets : le groupe y gagne en tranquillité et personne ne se retrouve seul avec des inconnus à 2 h du matin. Le trajet vers Huê dure environ treize heures. Ce n'est pas confortable, c'est une expérience commune, et souvent l'un des souvenirs les plus racontés au retour.
Le centre : Hôi An, Huê et le col des Nuages
Hôi An est le point de repos naturel du parcours. La vieille ville se parcourt à pied, les tailleurs livrent en 48 heures, la plage d'An Bang est à quinze minutes à vélo. C'est aussi l'endroit où louer une maison de trois ou quatre chambres pour trois nuits, cuisiner un soir et laisser chacun vaquer.
Entre Huê et Da Nang, le col des Nuages se franchit en voiture privée avec arrêts, ou à moto pour ceux qui conduisent. Les autres suivent dans le van avec les bagages : c'est le genre d'arrangement qui évite d'imposer un mode de transport à tout le monde. La question de l'argent se pose ici comme ailleurs, et mieux vaut l'avoir cadrée en amont ; notre budget de voyage en groupe ligne par ligne donne une base de discussion utile.
Le sud : Hô Chi Minh-Ville et le delta du Mékong
Le contraste avec Hanoï est net : la ville est plus large, plus rapide, plus tournée vers le commerce. Deux jours suffisent pour le marché de Bên Thành, le musée des Vestiges de guerre et une soirée dans le quartier de Thao Dien.
Le delta du Mékong, lui, se visite mal en excursion d'une journée depuis la ville. Deux nuits à Can Tho ou à Ben Tre, avec un départ à 5 h 30 pour le marché flottant de Cai Rang, valent nettement mieux. Les maisons d'hôtes y accueillent volontiers des groupes entiers, souvent avec repas partagé le soir, et c'est là que les conversations de fin de voyage se tiennent.
Prévoir le rythme avant de prévoir les visites
Le Vietnam est un pays où l'on avance vite et où l'on dort peu. Chaleur, humidité, trajets longs : au bout de dix jours, les écarts d'énergie se creusent au sein d'un groupe. Ce n'est pas un défaut d'entente, c'est de la fatigue.
Trois règles simples
- Une journée sans programme par semaine. Chacun fait ce qu'il veut, on se retrouve au dîner.
- Un référent par étape. Une personne différente gère les réservations et les horaires de chaque ville : la charge d'organisation ne repose pas sur la même tête pendant trois semaines.
- Une caisse commune. Un plat de rue coûte 30 000 à 60 000 dôngs, soit 1 à 2,50 euros. Recompter à la fin de chaque repas use davantage que les sommes en jeu.
Le Vietnam se traverse bien à plusieurs, à condition d'accepter que personne n'en verra exactement le même pays.
Ces principes ne sont pas propres au Vietnam : ils valent pour toute construction de parcours collectif, et organiser un itinéraire à plusieurs les détaille étape par étape.
Le Vietnam demande de l'endurance et un minimum d'organisation commune, mais il rend largement ce qu'on lui donne : peu de pays d'Asie se voyagent aussi bien à plusieurs pour aussi peu. Si l'envie est là mais que le groupe manque, vous pouvez rejoindre un départ existant.



